Nettoyage du local poubelles en copropriété : fréquences, méthode et charges

Local poubelles d'immeuble entretenu par une entreprise de nettoyage

C’est le local de vingt mètres carrés qui génère le plus de courriers au syndic. Une odeur dans le hall, un cafard dans un couloir, un bac qui déborde le week-end, et le sujet arrive en assemblée générale alors que le reste de la résidence est parfaitement entretenu.

La bonne nouvelle, c’est que ce local est l’un des rares postes d’entretien où la réglementation donne des fréquences chiffrées. Le réglement sanitaire départemental, repris de la circulaire du 9 août 1978 par arrêté préfectoral dans chaque département, fixe noir sur blanc ce qui doit être fait. Encore faut-il l’avoir lu.

Ce que la réglementation impose vraiment

Deux articles du règlement sanitaire départemental type encadrent le sujet. Les numéros peuvent varier d’un département à l’autre, mais le contenu est le même partout, puisqu’il découle du même texte de référence.

Sur le local lui-même. Les récipients à ordures ménagères des immeubles collectifs doivent être placés dans des locaux spéciaux, clos et ventilés. La ventilation doit être indépendante de celle des autres locaux, pour ne pas propager les odeurs dans les parties communes. Le sol et les parois doivent être imperméables et imputrescibles, les portes doivent fermer hermétiquement, et des dispositions doivent empêcher l’intrusion des rongeurs et des insectes. Point souvent ignoré : un poste de lavage et une évacuation des eaux doivent exister dans le local, précisément pour permettre son entretien.

Sur l’entretien. Les récipients doivent être maintenus en état constant de propreté et lavés après chaque vidage. La désinfection, la désinsectisation et la dératisation doivent intervenir aussi souvent que nécessaire et au moins une fois par an. Les conduits de vide-ordures, quand il en existe, doivent être ramonés et nettoyés au moins deux fois par an. Le lavage ne peut pas se faire sur la voie publique, et les produits utilisés doivent être homologués.

Ces fréquences sont des minimums, pas des objectifs. Dans une résidence de cinquante lots avec une collecte deux fois par semaine, s’en tenir au minimum annuel pour la désinfection garantit un problème d’odeurs dès le premier été.

Le tableau des fréquences qui tiennent la route

Voici ce que nous mettons au contrat sur les résidences que nous entretenons dans les Alpes-Maritimes, en partant du minimum réglementaire et en l’ajustant au nombre de lots et au climat.

OpérationMinimum réglementaireFréquence conseillée
Lavage des bacsaprès chaque vidageaprès chaque collecte, à la lance ou au nettoyeur
Nettoyage du sol du localnon chiffré1 à 2 fois par semaine
Lavage des parois et de la portenon chiffré1 fois par mois
Désinfection complète du local1 fois par an2 à 4 fois par an, plus l’été
Dératisation et désinsectisation1 fois par an2 fois par an en contrat préventif
Ramonage et nettoyage du vide-ordures2 fois par an2 fois par an, à date fixe
Sortie et rentrée des bacsnon applicableselon le calendrier de collecte

La sortie des bacs mérite une ligne à part. Beaucoup de contrats la traitent comme un service accessoire alors qu’elle structure tout le reste : des bacs sortis trop tôt restent sur le trottoir toute la nuit, des bacs rentrés trop tard bloquent le local et empêchent son lavage.

Comment se fait le nettoyage d’un local poubelles en copropriété

La méthode compte plus que le produit. Un local lavé à grande eau sans évacuation fonctionnelle, c’est une flaque stagnante qui sent plus mauvais trois jours plus tard qu’avant l’intervention.

  1. Sortir les bacs du local avant toute chose. On ne lave pas autour des bacs, on lave le local vide.
  2. Ramasser à sec. Sacs éventrés, cartons, déchets tombés à côté. Tout ce qui part à l’eau finit dans la bonde et la bouche.
  3. Laver les bacs intérieur et extérieur, avec un dégraissant alcalin sur les résidus organiques. C’est le bac, pas le sol, qui porte l’odeur.
  4. Laver sol et parois avec un détergent désinfectant, en insistant sur les angles et le bas des murs où s’accumulent les jus.
  5. Rincer et évacuer. L’eau doit partir. Si la bonde est bouchée, c’est elle le vrai problème du local, pas la fréquence de passage.
  6. Sécher et ventiler. Porte ouverte le temps du séchage, puis refermée hermétiquement.
  7. Traitement anti-nuisibles en gel ou en appâts sécurisés, placés hors de portée, en complément et non en remplacement du nettoyage.

Les odeurs persistantes ne viennent presque jamais du sol. Elles viennent des joints de bacs, du caoutchouc des couvercles, et de la grille d’évacuation. C’est là qu’il faut aller.

Les cinq causes réelles d’un local qui pue

  • La ventilation est bouchée ou inexistante. Le règlement sanitaire l’exige et indépendante des autres locaux. Une grille obstruée par la poussière depuis dix ans annule la prestation de nettoyage.
  • Il n’y a pas de point d’eau. Le local est alors lavé au seau, donc mal. C’est un défaut de conception à traiter en travaux, pas au contrat.
  • Le nombre de bacs est insuffisant. Des bacs qui débordent deux jours sur sept, aucune fréquence de nettoyage ne le rattrape. Le sujet se règle avec la collectivité, pas avec le prestataire.
  • La porte ne ferme pas hermétiquement. Les odeurs passent dans le hall et les nuisibles entrent. Un joint de bas de porte coûte moins cher qu’un passage supplémentaire par semaine.
  • Des professionnels de l’immeuble y déposent leurs déchets. Un commerce en rez-de-chaussée n’a pas le droit d’utiliser le local à ordures ménagères de la copropriété pour ses déchets d’activité. C’est un point que le syndic doit rappeler par écrit.

Qui paie, et qui décide

Le local poubelles est une partie commune. L’article 14 de la loi du 10 juillet 1965 met son entretien à la charge du syndicat des copropriétaires, et la répartition suit la grille du règlement de copropriété.

La différence avec le parking est nette : le local poubelles sert à tous les lots d’habitation. Il relève donc en principe des charges générales réparties aux tantièmes, et non d’une grille spéciale réservée à certains copropriétaires. Un copropriétaire ne peut pas se dispenser d’y participer au motif qu’il n’habite pas sur place ou qu’il descend rarement ses poubelles.

Côté décision, l’entretien courant fait partie du budget prévisionnel voté chaque année. Le syndic l’exécute sans vote supplémentaire. Ce qui nécessite un vote en assemblée, c’est le hors budget : une remise en état complète, la reprise du sol, la pose d’une ventilation ou d’un point d’eau. Ces opérations relèvent des travaux et se votent à la majorité de l’article 24 ou de l’article 25 selon leur nature.

Le sujet complet de la répartition est traité dans notre article sur le nettoyage des parties communes et qui doit le payer, et les ordres de grandeur budgétaires dans nos repères de prix en copropriété. L’autre gros poste du sous-sol, souvent traité dans la même intervention, fait l’objet d’un guide dédié : le nettoyage de parking souterrain en copropriété.

Ce qu’il faut écrire dans le contrat

Un contrat d’entretien qui mentionne « nettoyage du local poubelles » sans autre précision ne protège personne. Six lignes suffisent à lever toute ambiguïté :

  • la fréquence de lavage du sol et celle de lavage des bacs, séparément, parce que ce n’est pas le même geste ;
  • la fréquence de désinfection complète, avec le nombre de passages annuels ;
  • qui assure la sortie et la rentrée des bacs, et selon quel calendrier de collecte ;
  • ce qui se passe quand le local est encombré par un encombrant déposé par un résident : évacuation incluse ou facturée en supplément ;
  • le traitement anti-nuisibles : inclus au contrat, ou contrat séparé avec une entreprise de dératisation ;
  • un point de signalement : à qui l’agent remonte une bonde bouchée ou une ventilation hors service, et sous quel délai.

Ce dernier point est celui qui change tout dans la durée. Un agent qui passe deux fois par semaine voit le défaut avant le conseil syndical. Encore faut-il que le contrat prévoie qu’il le dise.

Si ces lignes manquent à votre contrat actuel et que le prestataire refuse de les y ajouter, la question devient celle du renouvellement. Nous avons détaillé la marche à suivre pour changer d’entreprise de nettoyage sans coupure de service.

Les questions qu’on nous pose

À quelle fréquence faut-il nettoyer un local poubelles ?

Le règlement sanitaire départemental impose un lavage des récipients après chaque vidage, une désinfection au moins une fois par an, et un nettoyage des conduits de vide-ordures au moins deux fois par an. En pratique, sur une résidence avec collecte bihebdomadaire, on tient le local avec un à deux passages par semaine et deux à quatre désinfections par an.

Le syndic est-il obligé de faire nettoyer le local poubelles ?

Oui. L’article 14 de la loi du 10 juillet 1965 met l’entretien des parties communes à la charge du syndicat des copropriétaires, et le règlement sanitaire départemental fixe des obligations précises de propreté et de désinfection sur ce local en particulier.

Un commerce de l’immeuble peut-il utiliser le local à poubelles ?

Non, pas pour ses déchets d’activité. Le local à ordures ménagères de la copropriété est destiné aux déchets des occupants. Un professionnel doit organiser l’évacuation de ses propres déchets. C’est un rappel que le syndic a intérêt à faire par écrit avant que le sujet ne devienne un conflit.

D’où viennent les odeurs quand le local est nettoyé régulièrement ?

Trois fois sur quatre, de la ventilation obstruée, des joints de couvercles de bacs, ou d’une évacuation d’eau bouchée. Aucune fréquence de passage supplémentaire ne compense un de ces trois défauts : il faut les traiter à la source.

Faut-il voter le nettoyage du local poubelles en assemblée générale ?

Non s’il figure au contrat d’entretien et tient dans le budget prévisionnel, qui est lui-même voté chaque année. Un vote séparé n’est nécessaire que pour du hors budget : remise en état, reprise du sol, pose d’une ventilation ou d’un point d’eau.

La dératisation est-elle comprise dans le nettoyage ?

Pas automatiquement. C’est souvent une prestation distincte, parfois confiée à une entreprise spécialisée. Le règlement sanitaire impose une dératisation au moins annuelle : il faut donc vérifier qu’elle figure quelque part, dans le contrat d’entretien ou dans un contrat séparé.

Votre local poubelles revient à chaque assemblée générale ? Demandez-nous un passage de diagnostic : nous regardons la ventilation, l’évacuation et l’état des bacs avant de proposer une fréquence, parce que dans la moitié des cas le problème n’est pas le nombre de passages. Voir aussi nos prestations de nettoyage de copropriété à Nice.

Un local poubelles à nettoyer et à désinfecter ?

MEGD traite les locaux poubelles de copropriété sur Nice et les Alpes-Maritimes : lavage, désinfection, traitement des odeurs. Devis gratuit sous 24 h.

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