Changer d’entreprise de nettoyage : le mode d’emploi sans coupure de service
Changer de société de nettoyage fait peur pour une seule raison : la crainte du trou. Deux semaines sans passage, des sanitaires qui se dégradent, des salariés qui le font remarquer, et le responsable qui a lancé la consultation se retrouve en difficulté.
Dans la propreté, cette crainte est en grande partie infondée, parce que le secteur dispose d’un mécanisme que la plupart des donneurs d’ordre ignorent : l’entreprise qui reprend le marché reprend aussi, sous conditions, les agents qui y travaillent. La continuité est organisée par la convention collective elle-même.
Reste à mener le changement dans le bon ordre. Voici la séquence, avec les délais réels.
Avant de changer d’entreprise de nettoyage : contrat ou prestataire
Avant de consulter, il faut savoir ce qui ne va pas. Dans la moitié des cas que nous reprenons, le prestataire sortant n’était pas mauvais : le contrat était mal dimensionné dès le départ.
Les signes qui indiquent un vrai problème de prestataire :
- le turnover des agents, avec un visage différent toutes les trois semaines et donc aucune connaissance des lieux ;
- les mêmes remarques qui reviennent après chaque relance, sans correction durable ;
- l’absence d’interlocuteur joignable, ou un responsable de secteur qui n’est jamais venu sur site ;
- des passages écourtés, visibles au fait que certaines zones du cahier des charges ne sont jamais faites ;
- aucun contrôle qualité, aucun compte rendu, aucune traçabilité des passages.
Les signes qui indiquent au contraire un problème de contrat, et qu’un changement de prestataire ne réglera pas :
- le volume horaire acheté ne correspond pas à la surface réelle : deux heures par jour pour 900 m² de bureaux, aucun prestataire ne tiendra la promesse ;
- le cahier des charges n’existe pas ou n’a jamais été mis à jour depuis un réaménagement des locaux ;
- les attentes portent sur des prestations jamais chiffrées, comme la vitrerie, les sols en profondeur, le lavage du parking souterrain ou la désinfection du local poubelles.
Le test est simple : ressortez le contrat et comparez ligne à ligne avec ce que vous reprochez. Si ce que vous attendez n’y figure pas, commencez par refaire le cahier des charges, pas par changer de société.
Le préavis : ce qu’il faut vérifier avant tout le reste
C’est l’étape qui fixe le calendrier de toutes les autres. Sortez le contrat et repérez trois choses :
- la durée d’engagement initiale et la date d’échéance ;
- la tacite reconduction : la plupart des contrats de propreté se renouvellent automatiquement si personne ne dit rien ;
- le délai de préavis et surtout sa forme : lettre recommandée le plus souvent, avec un délai de un à trois mois avant l’échéance.
L’erreur classique consiste à lancer la consultation d’abord et à regarder le préavis ensuite. On découvre alors que l’échéance est passée depuis trois semaines et que le contrat est reconduit pour un an.
Notre recommandation : posez une alerte dans votre agenda quatre mois avant chaque échéance annuelle, même quand tout se passe bien. Cela laisse le temps de consulter sans précipitation, et vous permet de renégocier en position de force plutôt que de subir la reconduction.
La reprise du personnel : le mécanisme qui évite la coupure
C’est le point que personne n’explique aux donneurs d’ordre, alors qu’il change tout.
La convention collective nationale des entreprises de propreté et services associés, identifiée sous le numéro IDCC 3043, organise dans son article 7, historiquement appelé annexe 7, le transfert des contrats de travail lorsqu’un marché change de titulaire. L’entreprise entrante reprend les salariés affectés au site, avec leur ancienneté et leur rémunération, et ne peut pas leur proposer des conditions inférieures à celles dont ils bénéficiaient chez le titulaire précédent.
La reprise ne concerne pas tous les agents. Elle s’applique sous conditions, notamment être en contrat à durée indéterminée, être affecté au site depuis au moins six mois, et y effectuer au moins 30 % de son temps de travail. Le transfert s’impose alors aux deux entreprises : ce n’est pas une option commerciale, c’est une obligation conventionnelle.
Ce que cela signifie concrètement pour vous :
- la personne qui connaît vos locaux reste dans la plupart des cas, ce qui supprime la période de flottement que tout le monde redoute ;
- un prestataire entrant qui vous promet une équipe entièrement nouvelle vous annonce, sans le dire, qu’il compte contourner l’article 7 : c’est un signal de vigilance ;
- la liste du personnel transférable doit être communiquée par l’entreprise sortante. Si elle traîne, c’est à vous, donneur d’ordre, de la réclamer, parce que c’est votre continuité de service qui en dépend.
Un prestataire sérieux aborde ce sujet spontanément dès le premier rendez-vous. S’il ne le fait pas, posez-lui la question. Sa réponse vous en dira plus long que son devis.
Le calendrier réel, sur trois mois
| Quand | Ce que vous faites |
|---|---|
| J moins 120 | Relecture du contrat, repérage de l’échéance et du préavis. Diagnostic : contrat ou prestataire |
| J moins 110 | Mise à jour du cahier des charges : surfaces réelles, zones, fréquences, prestations périodiques |
| J moins 100 | Consultation de trois entreprises maximum, sur le même cahier des charges |
| J moins 80 | Visites de site obligatoires. Un devis sans visite ne vaut rien |
| J moins 70 | Comparaison des offres à prestations identiques, pas au prix global |
| J moins 60 | Choix, puis envoi du préavis au prestataire sortant en recommandé |
| J moins 30 | Demande de la liste du personnel transférable, transmise à l’entrant |
| J moins 15 | Réunion de reprise : accès, clés, alarme, local produits, consignes site |
| Jour J | Premier passage. Le responsable de secteur de l’entrant est présent |
| J plus 30 | Point de calage écrit. C’est là qu’on ajuste, pas six mois après |
Trois entreprises consultées, pas huit. Au-delà, vous passez plus de temps à comparer qu’à définir votre besoin, et les offres deviennent illisibles.
Comparer les offres sans se tromper
Un devis de nettoyage se compare sur trois chiffres, jamais sur le montant mensuel seul :
- le volume horaire hebdomadaire réellement prévu sur le site. C’est la seule donnée qui dit ce que vous achetez ;
- le périmètre exact : les prestations périodiques comme la vitrerie, les sols en profondeur ou la remise en état sont-elles incluses, ou facturées en plus ;
- les consommables : papier, savon, sacs. Un devis qui les exclut peut paraître 15 % moins cher et coûter plus cher à l’année.
Quand une offre est nettement moins chère que les autres à périmètre identique, ce n’est presque jamais une meilleure productivité. C’est du temps de présence en moins, et cela se verra au bout de six semaines. Nos repères chiffrés sont détaillés dans l’article combien coûte le nettoyage de bureaux à Nice.
Les erreurs qui provoquent la coupure que vous vouliez éviter
Envoyer le préavis avant d’avoir choisi le remplaçant. Faites l’inverse : choisissez, puis résiliez. Le préavis n’est pas réversible.
Oublier les accès. Clés, badges, codes d’alarme, autorisation de parking, local à produits. C’est la première cause de premier passage raté, et elle n’a rien à voir avec la qualité du prestataire.
Ne pas prévenir les occupants. Une note de deux lignes annonçant le changement et le nom du nouvel intervenant évite les trois premiers signalements et donne à l’agent une chance d’être accueilli correctement.
Zapper le point à trente jours. C’est le moment où tout se règle : une zone oubliée, un horaire mal calé, un accès compliqué. Passé ce délai, les habitudes se prennent et les ajustements deviennent des conflits.
Reprendre un site, comment nous le faisons
Nous reprenons régulièrement des contrats d’entretien dans les Alpes-Maritimes, en bureaux, en copropriété et en commerce. Le déroulé est toujours le même.
Visite du site avant chiffrage, systématiquement, avec relevé des surfaces et des revêtements. Chiffrage en volume horaire affiché, pas seulement en montant mensuel, pour que la comparaison avec l’offre sortante soit possible. Reprise du personnel traitée dès le premier rendez-vous, avec la liste des agents concernés. Réunion de reprise quinze jours avant la bascule. Et un point de calage écrit à trente jours.
Le mois d’essai que nous proposons sert exactement à cela : vérifier sur le terrain que le volume acheté correspond au résultat attendu, avant que l’engagement ne court.
Les questions qu’on nous pose
Vais-je rester sans prestation pendant le changement ?
Normalement non. La bascule se fait d’un jour sur l’autre, l’ancien prestataire terminant la veille et le nouveau démarrant le lendemain. Le risque de coupure vient presque toujours d’un problème d’accès, clés ou alarme, pas du changement lui-même. D’où la réunion de reprise quinze jours avant.
Les agents actuels vont-ils être remplacés ?
Pas forcément, et c’est plutôt une bonne nouvelle. La convention collective de la propreté, IDCC 3043, prévoit dans son article 7 la reprise par l’entreprise entrante des salariés affectés au site sous conditions, notamment un CDI, six mois d’affectation et au moins 30 % du temps de travail sur ce marché. Leur ancienneté et leur rémunération sont maintenues.
Quel préavis pour résilier un contrat de nettoyage ?
Cela dépend de votre contrat : le plus souvent un à trois mois avant l’échéance annuelle, par lettre recommandée. Attention à la tacite reconduction, qui relance l’engagement pour une période complète si le préavis n’est pas envoyé dans les temps.
Combien d’entreprises faut-il consulter ?
Trois suffisent, sur un cahier des charges identique et avec visite de site obligatoire. Au-delà, les offres deviennent difficiles à comparer et le temps passé dépasse le gain espéré.
Comment comparer deux devis de nettoyage ?
Sur le volume horaire hebdomadaire prévu, sur le périmètre exact des prestations périodiques comme la vitrerie et les sols, et sur les consommables inclus ou non. Le montant mensuel seul ne veut rien dire tant que ces trois éléments ne sont pas alignés.
Peut-on changer de prestataire en cours d’année ?
Oui en cas de manquements caractérisés, mais il faut les avoir documentés : signalements écrits, relances datées, comptes rendus de réunion. Un changement en cours de contrat sans traçabilité expose à devoir payer le solde de l’engagement.
Vous arrivez à l’échéance de votre contrat d’entretien dans les Alpes-Maritimes ? Envoyez-nous votre cahier des charges actuel et vos surfaces : nous vous disons d’abord si le problème vient du contrat ou du prestataire, avant même de parler de devis.
Vous envisagez de changer d’entreprise de nettoyage ?
MEGD reprend votre site sans coupure de service, avec un état des lieux avant le jour de bascule. Devis gratuit sous 24 h.
